
C’est un procès qui inquiète tout le secteur bancaire. D.T., le prévenu, a détaillé devant les juges du PPEF la technique qui lui a permis de dérober 99 millions FCFA en seulement trois semaines.

Le mode opératoire révélé à la barre
Selon l’accusation, le mis en cause ciblait des numéros de téléphone inactifs depuis plusieurs mois. En obtenant des cartes SIM de remplacement pour ces numéros, il parvenait à prendre le contrôle des services mobiles liés, dont l’accès à certains services bancaires.

C’est ainsi qu’il aurait découvert des comptes avec des soldes importants : 64 millions FCFA dans une première institution financière et plus de 100 millions FCFA sur le compte Ecobank de la victime, un haut cadre de la LONACI.
Pendant 21 jours, D.T. aurait effectué des retraits plafonnés à 3 millions FCFA par jour, atteignant un total de 99 millions FCFA avant d’être arrêté.

Les chefs d’accusation retenus
Le procureur du PPEF poursuit D.T. pour :
Interception frauduleuse de données informatiques
Escroquerie par moyen électronique
Blanchiment de capitaux
Des infractions qui, cumulées, peuvent lui valoir jusqu’à 20 ans de réclusion criminelle selon le Code pénal ivoirien et la loi sur la cybercriminalité de 2013.
Ecobank et la LONACI sous le choc
Sollicitée, Ecobank n’a pas encore communiqué officiellement. En interne, des sources indiquent qu’un audit de sécurité a été lancé sur tous les comptes liés à des numéros mobiles. La LONACI, de son côté, apporte un soutien juridique à son cadre victime de la fraude.
Comment se protéger ?
3 réflexes urgents
Face à la recrudescence des fraudes de type "SIM swap", les experts recommandent :
Signe d’alerte : Votre téléphone perd soudainement le réseau sans raison, vous ne recevez plus d’SMS. Contactez immédiatement votre opérateur.
Sécurité bancaire : Activez la double authentification sur votre appli. Ne liez jamais votre gros compte épargne à votre numéro mobile principal. Préférez un numéro dédié.
Réaction : En cas de débit suspect, faites opposition sur la carte, contactez votre banque et déposez plainte au Plateau à la Plateforme de Lutte Contre la Cybercriminalité, PLCC, avec vos relevés.
Le procès de D.T. se poursuit. Le PPEF veut faire de ce dossier un exemple dans la lutte contre la cybercriminalité financière.
