
Cette rencontre a enregistré la participation d’autorités parlementaires et judiciaires, d’organisations de la société civile, du Conseil National des Droits de l’Homme (CNDH) ainsi que des professionnels des médias. Elle a également servi de cadre à la présentation officielle du projet intitulé : « Réduction de la surpopulation carcérale par la dépénalisation des délits mineurs en Côte d’Ivoire ».
Une initiative saluée par le Conseil National des Droits de l’Homme (CNDH), qui estime que ce projet constitue une avancée importante dans la préservation des droits humains et l’amélioration des conditions de vie des détenus. Le CNDH a par ailleurs rassuré les initiateurs de son accompagnement institutionnel.
« Pour réussir ce pari, il est indispensable que les organisations de la société civile accompagnent l’État dans l’atteinte de cet objectif. C’est la raison pour laquelle le CNDH tient à féliciter l’ACAT-CI ainsi que l’ensemble de ses partenaires pour cette initiative et encourage tous les acteurs de la chaîne pénale et de la société civile à conjuguer leurs efforts dans cette direction », a déclaré Souleymane Traoré, représentant du CNDH.
Selon les initiateurs du projet, la Côte d’Ivoire comptait, depuis 2025, 27 031 détenus pour une capacité d’accueil estimée à 13 438 places, soit un taux de surpopulation carcérale de 201,15 %. Un chiffre jugé alarmant par les acteurs du secteur judiciaire et des droits humains.
Cette situation entraîne des conditions de détention difficiles, assimilées à des traitements inhumains et dégradants par le Comité contre la Torture (CAT) des Nations Unies. En 2024, le CAT avait d’ailleurs encouragé la Côte d’Ivoire à s’inscrire dans une stratégie de dépénalisation des infractions mineures conformément aux instruments internationaux relatifs aux droits humains.
Dans cette dynamique, l’ACAT-CI et Planète Paix ont initié le projet dénommé « Réduction de la surpopulation carcérale par la dépénalisation des délits mineurs ». Dans le cadre de cette initiative, un livret intitulé « Renoncer à l’emprisonnement systématique en Côte d’Ivoire : cas des délits mineurs » a été élaboré puis présenté officiellement au cours de cette conférence.

À travers ce document, les initiateurs entendent mener des plaidoyers auprès des autorités compétentes afin de favoriser des réformes visant à réduire les peines privatives de liberté pour certaines infractions qualifiées de mineures.
« Avec ce livret, nous allons faire des plaidoyers auprès des autorités normatives afin que des décisions soient prises dans le sens de la dépénalisation de ces délits mineurs », a indiqué Kouadio Paul, président de l’ACAT-CI.
Dépénaliser les délits mineurs, c’est faire le choix d’une justice plus juste et plus humaine.
Cette initiative vise également à contribuer efficacement à la lutte contre la surpopulation carcérale en Côte d’Ivoire à travers la promotion d’alternatives à l’emprisonnement.

« Dans ce document, nous essayons d’attirer l’attention des décideurs sur les délits mineurs qui peuvent constituer un élément clé de la surpopulation carcérale, sachant que notre pays tente de trouver des solutions afin d’obtenir de meilleurs résultats », a expliqué Andréa Touré, responsable du comité scientifique chargé de la rédaction du livret.
À travers cette initiative, l’ACAT-CI et Planète Paix espèrent ouvrir un nouveau chapitre dans la réforme du système pénitentiaire ivoirien, en mettant davantage l’accent sur les droits humains et la dignité des détenus.
