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Abidjan | Conférence régionale sur la torture : l’ACAT intensifie le combat pour la dignité en détention

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Photo de famille au sortie de la conférence (participants)
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À Cocody, les 27 et 28 avril 2026 ont marqué un tournant dans la lutte contre la torture en détention en Afrique subsaharienne. Dans cette commune stratégique d’Abidjan, s’est tenue une conférence régionale de haut niveau qui a réuni les acteurs majeurs engagés pour la défense des droits humains et la dignité en milieu carcéral.

Portée par Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture de Côte d’Ivoire (ACAT), avec le soutien de Fédération Internationale des ACAT (FIACAT), cette rencontre a rassemblé des représentants de plus de quinze pays d’Afrique subsaharienne. 

Organisations de la société civile, mécanismes nationaux de prévention (MNP), institutions nationales des droits humains (INDH) et partenaires internationaux ont répondu présents, traduisant l’ampleur et l’urgence du combat.

Prenant la parole au nom du gouvernement ivoirien, Sery Désirée Nathalie épouse Diallo, Sous-directrice de la politique carcérale, a rappelé l’engagement sans équivoque de l’État de Côte d’Ivoire à bannir toutes formes de torture dans les lieux de détention, qu’il s’agisse des établissements pénitentiaires, des commissariats ou des brigades de gendarmerie.

« L’État de Côte d’Ivoire s’insurge contre toutes formes de tortures qui constituent des traitements inhumains et dégradants et qui sont contraires à toutes les conventions internationales dans lesquelles l’État de Côte d’Ivoire fait partie. Pour cette conférence régionale, nous attendons des résultats concrets qui pourront permettre au niveau régional d’éradiquer ce phénomène afin de préserver la dignité des personnes détenues telles qu’elles soient, sans distinction de leur race, de leur sexe, de leur âge, de leur nationalité et de leur religion », a-t-elle fait savoir.

Dans le même élan, Guillaume Collin, Directeur exécutif de la FIACAT, a insisté sur la portée stratégique de cette conférence, qu’il considère comme un véritable point d’ancrage pour les actions futures.

« Cette conférence pour nous, c’est vraiment un événement charnière, puisqu’elle réunit des participants de plus de 15 pays d’Afrique subsaharienne qui travaillent sur la torture en détention, sur la lutte contre la torture et sur la réhabilitation des victimes. Comme l’a dit le ministère de la Justice, il y a trois axes très importants, la prévention, s’assurer que la torture ne soit plus jamais utilisée ; s’assurer que les personnes qui ont commis ces actes puissent être poursuivies et jugées, car la torture est inacceptable et corrompt la justice ; et enfin s’assurer que les victimes aient droit à la réparation. C’est un devoir pour l’État et pour nous », a-t-il souligné.

 La dignité humaine ne s'arrête pas aux portes des lieux de détention.

Au fil des échanges, une dynamique commune s’est imposée : celle d’une Afrique déterminée à passer de la parole à l’action. Les participants ont partagé leurs expériences, confronté leurs réalités et posé les bases de stratégies concertées, capables de répondre efficacement aux défis liés aux conditions de détention.

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Plus qu’une simple conférence, cette rencontre de Cocody s’affirme comme un véritable levier de transformation. Elle rappelle que la lutte contre la torture est indissociable de la promotion des droits fondamentaux et du respect de la dignité humaine.

En Afrique subsaharienne, la tolérance zéro face à la torture n’est plus une option, mais une obligation.

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