Économie

Industrialisation de l’Afrique : l’ingénieur au cœur de la souveraineté économique

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L'auteur Hyacinthe N’Guessan Moni entend apporter un souffle nouveau au developpement de l'Afrique
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Dans son ouvrage INGÉNIERIE MINIÈRE : une clé stratégique insoupçonnée sous nos pieds, les empires de la liberté, HN MAUNNY (Hyacinthe N’Guessan Moni à l’état civil) ne se contente pas de défendre un secteur d'activité. Il lance un pavé dans la mare : l’indépendance de l’Afrique ne se jouera ni dans les isoloirs ni dans les grands sommets internationaux. Elle se gagnera, littéralement, à la paillasse des laboratoires et dans les écoles d’ingénieurs.

Le constat est sans appel. Comment expliquer qu’un continent assis sur des montagnes de cobalt, de bauxite ou de nickel ne capte que 5 % de la valeur générée ? Le diagnostic de HN MAUNNY est brutal : l’Afrique exporte sa terre et importe sa propre richesse. Mais là où beaucoup blâment uniquement la politique, il déplace le curseur. Pour lui, le véritable fossé n’est pas idéologique, il est technique.

Le savoir-faire

La souveraineté n’est pas une affaire de discours, c’est une question de densité de cerveaux par kilomètre carré.  C’est là que sa thèse devient passionnante. Alors que le débat public s’enlise souvent dans les questions de corruption ou de néocolonialisme, HN MAUNNY braque les projecteurs sur un angle mort : la maîtrise du savoir-faire. Sans métallurgie de pointe, sans IA appliquée aux mines ni standards ESG maîtrisés en interne, l’Afrique reste condamnée à la figuration. Dans ce schéma, l’ingénieur n’est plus un simple technicien : il devient une figure politique majeure, l’architecte de l’ombre de la liberté.

Il cite d’ailleurs l’exemple frappant de l’Indonésie. En interdisant l’exportation brute de nickel, le pays a forcé son destin industriel. Le message est clair : la liberté ne se proclame pas, elle se fabrique. La rupture avec le modèle extractif ne viendra pas d’une simple renégociation de contrats, mais d’une montée en puissance technologique.

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Un chiffre, en particulier, résonne comme un signal d’alarme : l’écart abyssal entre le nombre d’ingénieurs africains et chinois par million de dollars produits. Ce n’est pas qu’une question de nombre, c’est une question de contrôle. Qui conçoit les machines ? Qui dicte les normes ? Si la réponse est « les autres », alors la richesse continuera de s’envoler.

Finalement, HN MAUNNY nous invite à changer de récit. Il affirme dans son essai technique que le XXIᵉ siècle africain doit être industriel ou ne sera pas. L’ingénierie minière devient alors un pilier de l’identité nationale. Former d’abord pour s’enrichir ensuite, et non l’inverse. C’est une vision exigeante qui demande de la discipline : réformer les facultés, investir dans la recherche, viser l’excellence académique.

La liberté ne se proclame pas, elle se fabrique

À l’heure où la jeunesse africaine est souvent vue comme un poids démographique, HN MAUNNY y voit, lui, un réservoir de puissance. Si cette jeunesse troque les slogans pour la rigueur scientifique, alors le « miracle asiatique » n’aura plus rien d’un mirage. C’est un avertissement salutaire : l’Afrique a tout sous ses pieds, il ne lui manque que la maîtrise de l’intelligence du sous-sol. La vraie bataille pour l’indépendance ne se joue plus dans les palais, mais dans les amphithéâtres.

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